Au début de l’année scolaire, j’ai écrit un texte qui témoignait du fait que je ne savais pas vraiment qui j’étais. Avec toute sincérité, je doute qu’un jour je le saurai.
Je suis encore attirée de tout, des sciences aux arts et des arts aux sports. J’ai toujours pensé que c’était un problème mais, après quelques mois de réflexion, j’ose croire qu’il n’y a rien de mauvais à tout aimer.
Aussi, je dois avouer que j’ai du mal à me gérer : j’ai des émotions qui ne cessent de me contrôler, des souvenirs qui n’arrêtent pas de me hanter et une voix intérieure qui ne peut s’empêcher de me juger.
Ma valeur personnelle est encore définie par l’opinion des autres et par mes résultats et, même si je sais que ma vie entière ne se calcule pas dans une note sur 10, je me sens souvent ratée. Je remarque plus souvent les défaites que les réussites et, honnêtement, je m’en veux beaucoup de prendre tellement à cœur ces simples petites erreurs dans mes examens.
Je suis une personne remplie de regrets et de remords, mais aussi de bons moments et de sourires. J’ai perdu et j’ai trouvé, j’ai ri et j’ai pleuré, j’ai oublié et je me suis rappelé. Quelques personnes m’ont laissée en cours de route et j’en ai aussi laissé quelques autres, mais la vie continue.
Cependant, le plus dur, cette année, a été de me faire à l’idée que, l’année prochaine, je ne serai plus à mon école. Je me suis vraiment bâtie ici et, contre toute attente, malgré tous les événements qui se sont passés, ces moments d’angoisses, ces chicanes incompréhensibles, ces journées pleines d’émotions, je ne veux pas partir.
En fermant ce chapitre de ma vie, j’ai l’impression que je laisse derrière moi toutes ces personnes que j’ai rencontrées et toutes ces leçons que j’ai apprises, qui ont réellement fait de moi qui je suis.
Parce que la question « Qui suis-je? » n’a jamais vraiment été la bonne question à poser. « Je suis » avec certains et « je ne suis pas » avec d’autres. Alors, aujourd’hui, je vous dirais qu’une parcelle de moi se trouve dans chaque personne qui m’a, un jour, connue, et que ce sont ces parcelles qui me définissent réellement.
Donc, maintenant, même si je ne sais toujours pas vraiment quel est mon but dans cette vie remplie de hauts et de bas, même si je suis encore habitée par mille questionnements et que je suis toujours dans cette quête d’acceptation de soi, je sais que tout cela n’aurait aucune valeur sans ceux et celles qui ont fait de moi la personne que vous lisez à présent.
Je prends alors ce dernier texte pour remercier tous ces gens merveilleux qui m’ont côtoyée durant mon secondaire. « Je suis » n’aurait jamais fait de sens sans vous. S’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que, même si je pars d’ici, une part de cette école restera toujours gravée dans mon cœur.
Ceci n’est qu’un à bientôt,
Delphine



