Je pourrais commencer par dire que ça ne m’a jamais dérangé… que je m’y suis habitué, mais ce serait mentir. Parce qu’au fond, ton absence a toujours été là, silencieuse, mais lourde. Comme un vide qu’on apprend à contourner sans jamais vraiment le remplir.
Tu n’étais pas là quand j’en avais besoin. Pas là dans les moments importants ni même dans les petits instants qui auraient pourtant voulu dire beaucoup. Il y a eu des journées où j’aurais juste voulu pouvoir compter sur toi, entendre ta voix, sentir que je n’étais pas seule… mais il n’y avait rien.
Et le pire, ce n’est même pas ce que tu as manqué… c’est ce que moi j’ai manqué de toi.
J’ai manqué de cette présence rassurante, de quelqu’un vers qui me tourner sans hésiter. J’ai manqué de réponses, de soutien, de cette impression d’être importante pour quelqu’un comme toi.
Il y a eu des moments où je regardais autour de moi, où je voyais les autres avec ce que je n’avais pas… et ça faisait mal. Pas une douleur qui crie, non. Une douleur discrète, mais constante. Celle qui te suit partout, même quand tu fais semblant d’aller bien.
Je me suis souvent demandé pourquoi. Pourquoi tu n’étais pas là. Si c’était de ma faute, si j’aurais pu être différente, mieux… assez. Mais avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas moi le problème.
Alors j’ai appris. J’ai appris à avancer sans toi, à me construire malgré ce manque. J’ai appris à être forte quand je n’en avais pas envie, à sourire quand j’aurais voulu m’effondrer. J’ai appris à ne pas attendre quelqu’un qui ne viendrait pas.
Mais être forte tout le temps, ça fatigue. Parce qu’au fond, il y aura toujours une partie de moi qui se demandera ce que ça aurait été… si tu avais été là. Si j’avais pu compter sur toi, rire avec toi, simplement exister à tes côtés.
Aujourd’hui, je n’écris pas ces mots pour te faire culpabiliser. Je les écris pour moi. Pour poser des mots sur ce silence que tu as laissé derrière toi.
Ton absence m’a marquée, elle a laissé des traces. Mais elle ne m’a pas détruite. Elle m’a rendue plus forte, oui… mais aussi plus consciente de ce que je mérite.Et même si tu n’étais pas là pour moi, moi, j’ai appris à être là pour moi-même.Et ça… c’est quelque chose que tu ne pourras jamais m’enlever.
Alyssia



