Ce cri dans la nuit
Nous l’entendons tous
Il apporte avec lui
Ce poids invisible et inlassable qui nous pousse
Vers ce gouffre impossible à refermer
Que nous avons nous-mêmes creusé
Rempli de culpabilité
Et de savoir mal placé
Et si c’était ainsi
Que, sans le vouloir,
Nous avions appuyé plus fort
Sur l’accélérateur de notre vie
Maintenant filant à mille à l’heure
Regard droit devant
Sans considérer ce que nous piétinons en passant
Car ralentir serait avouer notre peur
Mais qui, dans le confort de son lit,
Se lèvera dans cette obscurité
Qui semble infinie
À l’approche de notre dernière nuit
Nous réaliserons que ce cri
Ne retentissait point pour déranger notre sommeil
Mais pour nous permettre d’y voir plus clair au réveil
-Anabel



