Il y a des choses que l’on ne remarque pas, mais qui prennent une grande place dans la vie de plusieurs. Depuis plusieurs années, j’ai commencé à remarquer des gestes inhabituels chez moi qui devenaient incontrôlables et épuisants mentalement pour moi, dans ma vie quotidienne. C’est pourquoi aujourd’hui dans mon texte ça me tenait à coeur de partager sur un sujet qui atteint plusieurs personnes qui décident de rester dans le silence par peur de se faire juger.
Les TOC, appelés troubles obsessionnels compulsifs, qu’ils soient faibles ou intenses, ça reste une chose qui est difficile à vivre au quotidien autant pour le moral que pour le corps dans certains cas. Personnellement, je trouve que c’est un sujet dont on ne parle pas assez et qui n’est pas assez mis en lumière pour la gravité que cela peut être en considérant que plusieurs personnes le vivent dont certains adolescents, comme moi.
J’aimerais faire part de certaines de mes expériences personnelles en espérant que cela aidera d’autres personnes qui en souffrent et qui ont peur d’en parler. Moi-même, j’ai pris 2 ans avant de me décider à m’ouvrir parce que lorsque l’on vit avec des TOC, mentaux ou physiques, on a l’impression de ne pas être comme les autres; même qu’on a l’impression d’être seul au monde à vivre avec cela. Souvent, les gens associent les TOC comme des choses très visibles ou par des mouvements brusques et compulsifs. Pour ma part, mes TOC sont plus venus me toucher sur l’aspect mental que physique. On pense que les TOC qui jouent avec le physique peuvent être plus durs à traiter, mais psychologiquement les TOC peuvent être même plus dangereux et fatigants.
Lorsque j’ai commencé à développer ces différentes manies cela a débuté par des trucs plutôt généraux, comme on se dit “Si je ne fais pas une telle chose quelque chose de mal va se produire” et même si au fond de nous on sait bien que tout n’est que dans notre tête on craint d’arrêter de le faire par peur que quelque chose de grave n’arrive réellement puisqu’on l’associe directement à cette situation et que la boucle infinie recommence. Je ne suis pas une experte, mais je pense en avoir assez vécu pour être capable de bien décrire comment ces troubles peuvent se manifester et jouer avec notre cerveau. On peut définir les TOC comme des pensées obsédantes qui se manifestent et qui génèrent une angoisse que l’on apaise par des rituels compulsifs, ce qui de mon côté est le cas. Pour être un peu plus précise, les TOC comme les miens peuvent se manifester en tant que certains mots ou phrases précises ou même une image que tu dois avoir en tête ou que tu dois répéter dans ta tête à un certain moment de ta journée comme une sorte d’élément que tu ajoutes à ta routine inconsciemment, par exemple, avant d’aller dormir.
Ils peuvent vite devenir toxiques, car le fait que tu n’es pas capable de te sentir bien si tu ne le fais pas parfaitement de A à Z, ça crée une angoisse qui, des fois, peut te prendre beaucoup de ton temps et de ton énergie et même amener à faire des crises d’angoisse. Ou encore que ce ne soit qu’une toute petite chose comme remplacer parfaitement un objet comme il était. Bref, ce que je veux essayer de faire passer à travers tout cela c’est qu’en étant moi- même une personne qui a énormément souffert de ces manies et qui continue encore aujourd’hui de se battre contre toutes ses pensées qui envahissent ma tête et m’empêche de vivre normalement et librement par certains temps, c’est important de comprendre qu’on n’est loin d’être seuls et qu’il faut en parler parce que tout cela ce ne sont que des fausses pensées qui nous freinent dans notre quotidien.
En souffrant de ça, j’ai fini par remarquer des personnes de mon école qui, elles aussi, en ont visiblement et qui sont sûrement également effrayées d’en parler par peur d’être jugées par des gens qui ne le vivent pas nécessairement eux-mêmes. Puis, je suis même tombée sur des comptes sur les réseaux sociaux qui montrent à quel point cela peut être compliqué de vivre avec tous ces TOC. Ils réussissent à nous faire comprendre que nous ne sommes pas seuls ni différents. J’ai moi- même fini par demander de l’aide et aujourd’hui je me guéris petit à petit, lentement mais sûrement, de ces TOC que je pensais qui finiraient par prendre le contrôle sur moi alors tu n’as pas à avoir peur d’en discuter avec quelqu’un de confiance et éventuellement avec des gens qui vont savoir comment t’aider. C’est l’une des meilleures décisions que tu peux prendre: t’assurer de ne pas rester dans ton silence parce que c’est normal d’avoir peur dans cette situation ,mais n’oublie pas que tu n’es pas tout seul, tout peut s’arranger et aller mieux.
Magalie



