On nous apprend à parler, à compter, à raisonner. Pourtant, personne ne nous prépare au jour où une émotion décide de prendre le volant. Ces instants de “trop” : trop de joie, trop de colère, trop de peur. Ce ne sont pas des erreurs de parcours, comme certains disent, mais la preuve brute que nous sommes intensément vivants. Dans notre esprit, ça cogne, ça pousse et ça hurle. L’adrénaline remplit notre corps tandis que celui-ci passe en mode automatique.
Puis vient le silence. Un calme lourd et étrange succédant à l’ouragan sous ma peau. En voyant les débris laissés derrière nous, on se demande qui était cette personne aux commandes. Cette personne qui portait notre nom, mais qui n’obéissait plus aux règles.
C’est ici que la véritable éducation commence. Pas dans les manuels, mais dans la brûlure. On réalise que l’on ne fait pas taire une émotion comme on apprend une table de multiplication. On ne la met pas en mode silencieux quand bon nous semble. On apprend, avec une humilité forcée, à ne plus voir ces vagues comme des ennemies, mais comme une partie de nous-mêmes qui sera notre meilleure amie pour la vie. On comprend que le but n’est pas de rester de marbre, mais de devenir un meilleur navigateur
Loryann



