Être queer, ce n’est pas seulement une identité. C’est aussi une expérience intérieure souvent invisible. Derrière les drapeaux et les discours de fierté se cachent des réalités dont on parle peu : la culpabilité, le doute, le sentiment de ne pas être « assez » quelque chose. Dans cet article, nous explorerons ces tabous pour mieux comprendre pourquoi la différence est non seulement normale, mais essentielle.
Premièrement, il arrive à beaucoup de personnes de ressentir de la culpabilité d’être queer même lorsqu’elles sont acceptées. Même quand la famille est ouverte, même quand les amis sont cool, il est normal de tout de même se sentir mal. Ça donne souvent l’impression d’exagérer, on se dit « je n’ai pas le droit d’aller mal, je n’ai pourtant rien vécu de grave ». Pourtant, ce sentiment est tout à fait valable et normal. Beaucoup comprennent la souffrance queer sans traumatisme évident.
Aussi, il faut faire face au deuil de la version de soi que l’on pensait devenir. C’est lorsque tu réalises que ta vie ne suivra pas le scénario cis-hétéro standard et que certaines choses que tu imaginais comme le mariage, le regard des autres, etc., changent. Il est important de se rappeler qu’il est naturel de perdre certaines projections tout en étant fier·ère.
Souvent, il arrive également de ne pas se sentir assez queer. Par exemple, être trop hétéro pour les queers, mais être trop queer pour les hétéros. Ne pas être assez visible, ne pas être assez militant·e. C’est la hiérarchie invisible dans la communauté.
Tout cela emmène à la fatigue d’expliquer constamment son identité. Je parle ici des pronoms, de son orientation, des étiquettes, des coming outs répétés, etc. Même les gens gentils peuvent être épuisants sans vraiment le savoir.
Ce qui complique habituellement les choses est l’identité qui change et la honte qui l’accompagne. L’identité n’est pas immuable, il arrive donc qu’une lesbienne devienne bi, qu’une bi devienne pan, etc. Il est aussi possible de ne plus vouloir d’étiquette ou de vouloir changer de pronoms. Pour terminer, la douleur queer que je considère la plus poignardante est l’amour impossible : Tomber en amour avec sa meilleure amie hétéro, avec une personne qui n’est pas out, avec quelqu’un qui ne peut pas aimer ouvertement, etc.
En parlant de ces douleurs silencieuses, il ne s’agit pas de retirer la fierté, mais de la rendre honnête. Ces réalités ne sont qu’une partie des nombreux tabous qui traversent les vécus queers, fréquemment tus ou minimisés. Les nommer permet de se sentir moins seul·e et de rappeler que le doute, la fatigue et la tristesse n’annulent en rien la légitimité de nos identités. Être queer, c’est aussi naviguer dans l’incertitude et c’est précisément dans cette diversité que réside sa force.
L – Lesbienne : Femme (ou personne non-homme) attirée affectivement et/ou sexuellement par des femmes.
G – Gay : Homme (ou personne non-femme) attiré affectivement et/ou sexuellement par des hommes.
B – Bisexuel·le : Personne attirée par plus d’un genre.
T – Transsexuel : Personne dont l’identité de genre diffère du sexe assigné à la naissance.
Q – Queer / Questionnement : Terme parapluie pour les identités et orientations hors normes, ou personne en questionnement.
I – Intersexe : Personne née avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas strictement aux normes mâle/femelle.
A – Asexuel / Aromantique / Agenré·e : Personne ressentant peu ou pas d’attirance sexuelle ou romantique, ou sans genre.
+ : Regroupe toutes les autres identités et orientations non mentionnées.



