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La Voix des Femmes

Émilie  Ouellette

Écrit par : Émilie Ouellette

École : Polyvalente Deux-Montagnes

Année scolaire : 2025-2026

Publié le : 8 janvier 2026

Il y a plusieurs figures qui traversent le temps en silence, puis un jour, elles se mettent à hurler. Les sorcières. Les héroïnes oubliées. Puis il y a les femmes d’aujourd’hui, celles qui transforment leur douleur en art, en chansons, en révolutions. Depuis toujours, le monde parle des femmes, mais rarement avec elles, et encore moins pour elles. Alors elles ont créé leurs propres langages: une mythologie réécrite, des cris mis en musique, des symboles qu’on tatoue sur la peau comme des talismans. De Médusa devenue icône de justice, à Labour de Paris Paloma qui transforme la colère en chœur mélodique. Ce sont ces voix-là, anciennes et modernes, que je veux rassembler. Parce que comprendre les femmes, ce n’est pas seulement observer une histoire, c’est la vivre, la ressentir, l’habiter.

Les histoires qu’on utilisait auparavant pour nous effrayer deviennent maintenant celles qui nous rendent plus puissantes. Les mythes qui ont traversé les siècles ne sont pas inchangeables. Ils se font réinterpréter, déformés puis renouvelés. Ceux-ci étaient utilisés pour nous faire croire que les femmes puissantes devenaient des monstres, mais une vérité différente en ressort dorénavant: ce sont ces «monstres» qui nous ressemblent le plus. Médusa, une victime transformée en bête par le regard masculin, est un symbole de rage, de justice et de renaissance qui provient de la mythologie grecque. Lilith représente l’indépendance et le refus de la soumission, provenant de traditions mésopotamiennes et surtout juives. Artémis évoque la liberté, le corps qui n’appartient à personne et la sororité, c’est-à-dire la solidarité entre femmes. Elle découle également de la mythologie grecque, où elle est considérée comme la déesse vierge de la chasse, de la nature sauvage, de la Lune et la protectrice des jeunes filles et des accouchements. Elles sont toutes trois des femmes puissantes qui sont des modèles du féminisme. Elles sont des icônes pour leur persévérance, leur dévouement, leur indépendance. Au fond, réinterpréter ces mythes revient simplement à rendre aux femmes la place qu’on leur a trop longtemps volée. 

Pendant des siècles, l’art a servi à définir ce que les femmes devaient être. Désormais, il devient un espace où elles redessinent leur identité, brisant les cadres qui les limitaient. La chanson Labour de Paris Paloma est iconique et devrait être connue de tous. L’autrice-compositrice-interprète a été interviewée par un journaliste de NME auquel elle a -confié que: “When people listen to Labour, I want them to feel like their anger is valid.” («Quand les gens écoutent Labour, je veux qu’ils sentent que leur colère est légitime.»). De plus, sur le site de la sortie de la chanson, la description officielle de Labour résume son propos:  “’labour’ takes us inside a relationship where the speaker’s self-worth is once again reduced… Taking on all the emotional labour… But … it is the first time the speaker acknowledges the toxicity of these dynamics, and the song is about the escape from that relationship.” («‘Labour’ nous plonge dans une relation où la valeur de la personne est à nouveau réduite… assumant tout le travail émotionnel… Mais … c’est la première fois que la narratrice reconnaît la toxicité de ces dynamiques, et la chanson parle de la fuite de cette relation.»)

Cependant, beaucoup d’autres chansons et artistes sont reconnus comme féministes. Je parle ici principalement de Billie Eilish, avec sa chanson Your Power qui parle d’abus de pouvoir, d’exploitation sexuelle et de manipulation ou Not My Responsibility qui exprime la sexualisation, le «slut-shaming» et la pression sur le corps féminin. Il y aussi Halsey, avec You Should Be Sad qui est une critique des attentes de la femme, ou Demi Lovato, avec sa chanson Sorry Not Sorry qui parle d’une femme qui n’a rien à regretter. Bien d’autres chanteuses mériteraient de se faire connaître en tant que militantes de la libération des femmes. Pourtant, l’art n’inclut pas seulement la musique. On peut aussi y retrouver de la littérature féministe, comme La Servante écarlate, un roman de Margaret Atwood adapté en série par le directeur Bruce Miller et son équipe de réalisateurs. Il y a aussi Les Monologues du vagin, une pièce de théâtre d’Eve Ensler, créée en 1996 à Broadway. Depuis sa parution, elle a été traduite en 46 langues et interprétée dans plus de 130 pays. Le thème principal de la pièce est la libération de la parole féminine sur le vagin et la sexualité de la femme, en brisant les tabous liés à l’identité,  au corps, aux expériences intimes, et célébrant la féminité dans toute sa diversité. Bref, l’art est un aspect important qui dit tout haut ce que beaucoup de femmes vivent en silence.

Dans un monde où l’égalité reste un combat quotidien, de nouveaux symboles féminins ont émergé. Ils parlent de force, de résilience, d’empowerment et surtout de liberté. La sorcière est figure modernisée de la femme qui dérange, qui résiste. Il existe aussi des mouvements sociaux comme Ni Una Menos, né en Argentine en 2015, qui lutte contre la violence basée sur le genre et le féminicide, ou MeToo qui vise la dénonciation du harcèlement et des violences sexuelles. Il y a également le symbole du poing féministe, qui est un salut gestuel et un logo qui symbolise la lutte et le combat. Il est généralement perçu comme une expression de révolte, de force ou de solidarité. Celui-ci est probablement le plus connu, mais il y en a bien d’autres, comme le ruban blanc, Rosie la riveteuse, le pussyhat, le cintre, le soutien-gorge, lhymne des femmes, etc. Le but de ce paragraphe est de montrer que le féminisme n’est pas juste un mouvement, mais une voix multiforme.

Les femmes n’ont jamais été silencieuses, on ne faisait que ne pas les écouter. Aujourd’hui, chaque mythe repris, chaque chanson écrite, chaque geste posé est une façon de reprendre la place qu’on leur a refusée. De Médusa à Paris Paloma, des sorcières aux héroïnes modernes, un même fil rouge existe: la volonté de dire la vérité, même lorsqu’elle dérange. Ce texte n’est pas une fin, juste un écho, un rappel que les femmes créent, se battent, se relèvent et réinventent le monde. Et tant qu’il restera des voix pour raconter ces histoires, aucune femme ne sera jamais vraiment seule.

-Em

 

Sources:

ELLE, Connaissez-vous ces symboles féministes? https://www.elle.fr/Societe/L-actu-en-images/Connaissez-vous-ces-symboles-feministes

INTERNATIONAL SOCIALIST LEAGUE, «Ni Una Menos» : Origines et processus en Argentine https://lis-isl.org/fr/2025/06/ni-una-menos-origines-et-processus-en-argentine/

NME, Paris Paloma: “When people listen to ‘Labour’, I want them to feel like their anger is valid” https://www.nme.com/features/music-interviews/paris-paloma-artist-labour-song-interview-tiktok-radar-3449655?utm_source=chatgpt.com

BIBLICAL ARCHAEOLOGY SOCIETY, Lilith: Seductress, heroine or murderer? https://www.biblicalarchaeology.org/daily/people-cultures-in-the-bible/people-in-the-bible/lilith/

LA NYMPHE ET LA SORCIÈRE, Méduse, qui est vraiment le monstre? https://lanympheetlasorciere.com/2025/04/25/meduse/

WORLD HISTORY ENCYCLOPEDIA, Artémis https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-537/artemis/

The DAILY MUSIC REPORT, PARIS PALOMA SHARES HER LATEST SINGLE ‘LABOUR’ https://thedailymusicreport.com/music-news-releases/paris-paloma-labour-03232023/?utm_source=chatgpt.com

TV5 MONDE INFO, «Les Monologues du vagin» : une histoire de toutes les femmes «sans exception» https://information.tv5monde.com/terriennes/les-monologues-du-vagin-une-histoire-de-toutes-les-femmes-sans-exception-2764875

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