L’école… c’est censé nous préparer au futur, à être autonome. On a fait de la vie humaine et de l’éducation quelque chose que, même nous, on ne comprend pas, pourtant presque personne ne se pose de questions.
Premièrement, on vient au monde. Pendant un certain temps, on est trop jeune pour comprendre tout ce qui nous entoure : on n’a pas la mentalité, mais on a l’énergie. Ensuite, on va à la maternelle : on apprend un peu à lire, à écrire et à vivre avec les autres, pendant environ 5 heures par jour, 5 jours sur 7.
Ensuite, on entre en première année. On nous dit de nous asseoir et de parler quand l’adulte nous dit de le faire, et ce, pendant tout le reste du primaire.
Puis vient le secondaire. Les mathématiques, le français, l’histoire, les sciences et l’anglais sont les matières qui demandent le plus de temps. Encore une fois, tu dois être assis correctement, te taire et écouter ce que l’adulte te dit, enregistrer, puis on te dit si tu réponds aux exigences avec des notes pour savoir si tu mérites de passer à l’étape supérieure. Tu passes environ 5 heures assis à te taire, à faire des choses qui ne t’intéressent probablement même pas. À ce stade, tu as l’énergie, (un peu) le mental, mais pas le temps ni la liberté de vraiment vivre ou faire ce que tu as envie.
Surtout qu’après, on te donne des devoirs, certains qui vont peut-être te prendre toute la soirée. Ensuite, tu vas dormir, et ça recommence.
La fin de semaine, le meilleur moment pour à peu près tout le monde… sauf que tu as sûrement des devoirs, des présentations orales ou des projets qu’on VEUT que tu fasses à ce moment-là. Tu as beau pouvoir dormir plus longtemps, ça revient toujours au même : école, étudier, réussir… et encore étudier.
Si tu te plains, les gens vont te dire : « Arrête de te plaindre, vous avez 20 minutes de pause et 1 h 30 de dîner. » Mais qu’est-ce qu’on a le temps de faire? Un travail qu’on n’avait pas compris? Parler avec nos amis? Même si nos discussions se résument à : « Vous avez fait quoi ce cours-ci? », « Tu vas en quoi, encore? » et « J’ai rien compris, l’examen était trop dur. »
Apparemment, tout ce qui importe, ce sont les matières et les notes académiques.
On nous apprend à faire les choses comme la société le veut : « Oui, ça marche, mais je veux que tu le fasses comme ça. » C’est quelque chose qu’on me répète souvent en math et en français. En secondaire 3, quand tu as 14 ou 15 ans, on te demande déjà de savoir ce que tu veux faire comme travail plus tard. Et après, les gens se demandent pourquoi 49 % des jeunes vivent de la pression scolaire, pourquoi 80 % font de l’anxiété et pourquoi il y a jusqu’à 52 % qui tombent en dépression à cause de l’école.
Finalement, on fait tout ça pour quoi?
C’est pour obtenir un diplôme qui va nous aider à trouver un travail… un travail qu’on va faire jusqu’à ce qu’on soit trop vieux pour le faire, qu’on nous mette à la retraite et qu’on nous remplace. Qu’est-ce qui se passe après ça? Tu as le mental, le temps et une certaine liberté… mais tu n’as plus l’énergie.
— Minji



