La vie, c’est comme une autoroute où on passe par plein d’endroits sans jamais s’arrêter complètement. Même pour les plus grands amateurs de char, ce n’est pas possible de ne jamais prendre de sortie ou de faire un p’tit arrêt, même si c’est juste pour un arrêt pipi. Parce que juste rouler en ligne droite sur de l’asphalte grise, c’est long pis plate. C’est pour ça que, régulièrement, il y a des embranchements afin de nous permettre de quitter momentanément cette route rassurante.
Il y a un an, j’ai pris l’une de ces sorties qui me proposait un voyage au Costa Rica pendant la relâche. En voyant arriver cette aventure, je me suis tout de suite emballée. Je me voyais déjà les pieds dans le sable, au soleil. En me rapprochant, je voyais toute la préparation et les étapes avant d’arriver à ce rêve. C’est à ce moment-là que je me suis mise à douter et à vouloir faire marche arrière.
Je ne vais pas vous mentir en disant que j’ai vaincu mon angoisse toute seule en me levant un matin. Non, la vérité, c’est que j’ai eu la chance d’avoir un bon copilote et des passagers encourageants dans mon auto. Ils m’ont aidée à décortiquer chaque étape pour ne pas les voir comme une montagne.
Je suis finalement arrivée à cette journée tant attendue où nous allions finalement prendre l’avion et j’étais fière de moi, de ne pas avoir quitté cette route secondaire pour reprendre cette autoroute si sécurisante soit-elle.
Aujourd’hui, je suis reconnaissante que cette option se soit ouverte à moi et de l’avoir saisie, car j’aurais très bien pu ne jamais la prendre pour ne pas avoir à supporter le stress que cela m’a engendré. Pourtant, je ne regrette rien et je souhaite à tous d’oser quitter cette autoroute afin de mettre un peu de piquant à ce bout de chemin qui nous est offert de vivre.
– Anabel



