Douleur inexplicable, celle qui a pris abri dans ma poitrine. À croire qu’elle fait partie de moi, qu’elle monte à ma gorge comme des mains qui s’agrippent si fortement… qui s’empoignent, recouvrant ma bouche d’une force cruelle, souffrante. Un vomissement de maux qui ne peut s’échapper, prises derrière ces mains brûlantes. Ma voix, un cri réduit en un long silence. À ces moments seulement, l’angoisse possède une voie. Ses poignes exercent une pression accablante. S’écrasent sur mes côtes. Les menacent de les rompre. Sous les fragments, la braise semble s’emparer de mon cœur. Même si les autres n’y voient rien, je brûle, consumée par son ardeur. Je suis épuisée. Les mains sont brutales, elles se font ressentir comme si leurs griffes acérées déchiraient ma peau à l’image d’une volonté de s’échapper.
Mais, cela ne s’avère pas suffisamment douloureux. Elle se traduit par une force invisible étranglant mes poumons, dérobant mon souffle. Supposant qu’il ne m’appartient plus, je n’ai d’autres options que d’endurer ces conditions douloureuses. Dans le silence assourdissant qu’on m’a imposé, les bruits étrangers m’affaiblissent, m’étourdissent. Cette présence hostile me donne une impression que l’on me broie l’esprit. La douleur retient ma voix telle une prison imperceptible. C’est étrange, je les reconnais, elles me sont familières. Ce sont les mêmes qui m’attendent derrière le miroir. Au coin du corridor ou entre deux pages d’examen.
L’anxiété possède ses propres mains bien plus destructrices que les miennes. Face à elle, je suis fragile telle une feuille de papier. D’une simplicité à déchirer.
Jessy



