Le cœur battant, je m’avance vers le départ. C’est un des rares moments où je contrôle tout
ou presque. Ma respiration, ma concentration, mes muscles qui se contractent, malgré le
froid glacial qui transperce ma combinaison de course. Un des rares moments où mon
cerveau fait une pause. Pour plusieurs, cette situation serait un cauchemar mais, pour moi,
c’est une vraie drogue. Dans la cabane de départ, plus rien n’est important, les prochains
examens, les devoirs à remettre et toutes mes obligations disparaissent pour laisser place
au ski.
C’est difficile à expliquer, mais dès que je pousse la tige du chrono, tout accélère,
mais ralenti à la fois. Du premier virage au dernier, une bulle se forme autour de moi. On
pourrait me crier dessus et je n’entends rien. C’est le seul stress que j’apprécie et qui me fait
sentir vivante et qui ne me donne pas envie de me cacher dans mon lit. Du moment où
j’enfile mes bottes nettement trop serrées, le centre du monde devient mes skis et moi. Ces
quelques secondes de pure adrénaline sont les plus importantes et les plus agréables.
Malgré que le ski alpin peut être dur mentalement, c’est moi qui ai décidé de vivre ces défis,
ce qui me donne pour un court laps de temps une impression de contrôle. On a longtemps
voulu me faire croire que le ski était une distraction, un boulet dans ma vie, mais il m’a
construit et changée de la meilleure des façons. Il m’a sauvée dans les moments difficiles et
m’a aussi fait tomber au plus bas. Il m’aura mise à l’épreuve et m’aura appris de bonnes
leçons, qui m’ont fait mal sur le moment, mais dont je suis très reconnaissante aujourd’hui.
J’ai appris la valeur de l’argent, le dur labeur, la persévérance et la plus grande, la résilience.
Je ne serais jamais assez reconnaissante pour le dévouement de mes proches dans mon
sport et pour toutes les belles rencontres que j’y ai faites. Le ski alpin étant tout de même un
sport individuel, on peut se sentir seul et parfois incompris, mais j’ai avec le temps appris
une chose primordiale, la seule personne qui sera toujours présente pour moi, qui me
relèvera dans les moments compliqués et qui sera ma plus grande supportrice, c’est moi!
Alors, peu importe les défis que tu rencontres ou peu importe ce que les gens disent sur tes rêves, une chose est sûre, tant que tu crois en toi et que tu t’écoutes, tout est réalisable.
Aglaë



