Vous connaissez le sentiment quand on pense que tout recommence à bien aller? Puis finalement, on doit se demander : est-ce que ça va vraiment, ou est-ce que j’essaie juste de donner l’impression aux autres que tout va bien? Moi, c’est exactement ça. Je crois aller mieux et, finalement, le soir venu, je me retrouve seule face à moi-même, évidemment. Sans trop entrer dans les détails, je dirais que tout ce que j’ai envie de faire, c’est de m’arracher le visage. Parce que je me sens coupable de mentir à tout le monde.
Ma mère, comme la plupart des mamans, a un instinct maternel. Elle m’a dit que je devais lui parler si ça n’allait pas, mais je ne sais plus comment mettre des mots sur ce que je ressens. Comment exprimer tout ce qui se passe dans ma tête? J’ai juste envie de m’arracher le visage, de m’arracher les cheveux, de frapper dans un mur. Je sais ce que vous pourriez penser : « Elle est donc bien violente, pourquoi elle veut faire ça? »
J’aimerais être capable de répondre, mais je n’en sais rien.
La haine que j’ai développée au fil des années a littéralement pris toute la place. Et cette haine n’est pas dirigée envers quelqu’un d’autre : elle est envers moi. On me dit souvent d’être ma meilleure amie, de me dire que ce n’est pas grave, que ça arrive et que je ferai mieux la prochaine fois. Ça, je n’y arrive pas. Du moins, pas encore.
J’aimerais aussi être capable de ne pas toujours avoir besoin de demander de l’aide, même si je sais qu’il n’y a rien de mal à ça. J’aimerais être capable de me gérer toute seule, comme une grande. Les adultes disent que j’ai une maturité très élevée pour mon âge. Pourtant, dès qu’il s’agit de mes émotions, on me perçoit comme une ado qui cherche l’attention ou qui veut juste être vue. On nous dit de demander de l’aide quand ça ne va pas, et tout le monde insiste là-dessus. Mais quand ça fait plus d’un an que tu vois un professionnel et qu’ils ne savent plus quoi faire, la première chose qu’ils te disent, c’est :
« Je crois que tu as besoin de beaucoup d’attention, est-ce que je me trompe? »
Personnellement, je trouve ça blessant parce que tout le monde a besoin d’un minimum d’attention, et parce qu’aller moins bien, ce n’est pas chercher l’attention. Oui, les petits cercles vicieux reviennent encore et encore, mais il faut les travailler pour les diminuer. Peu importe le temps que ça prend, il ne faut pas nous lâcher. S’il vous plaît.
C’est justement dans ces moments-là qu’on a le plus besoin de soutien.
Je tiens aussi à dire qu’il y a des moments où tout va vraiment mieux et où le mal se disperse, devient moins présent, et c’est super! Avoir de mauvaises passes, vivre un gros « down », ça arrive. Et s’en prendre à soi-même ne fera qu’empirer les choses plutôt que d’apaiser la douleur.



