Je ressemble peut-être à toutes les autres filles de ma classe, mais à l’intérieur, j’ai souvent l’impression d’être une bombe à retardement. L’anxiété de performance, pour moi, c’est cette petite voix qui ne se tait jamais. Celle qui me répète que je dois réussir, que je dois être la meilleure, que je n’ai pas le droit à l’erreur. C’est le petit hamster qui tourne dans ma tête dès qu’une note est en jeu.
À l’école, ça commence dès que le prof annonce un examen. Mon cœur bat plus vite, mes mains deviennent moites et je me mets déjà à imaginer le pire : une mauvaise note, la déception de mes parents, le regard des autres… C’est comme si je savais que ce n’était pas grave, mais que je me mettais quand même autant de pression qu’à la NASA.
Même si je sais que j’ai tout pour réussir, je doute. J’ai l’impression que si je ne réussis pas parfaitement, ça veut dire que je ne vaux pas assez. Ce ne sont pas seulement les notes, c’est aussi le sport, les présentations orales et les réseaux sociaux. Je me compare tout le temps. Les autres semblent confiants, organisés, talentueux. Moi, je me sens comme si je devais prouver ma valeur en permanence. Comme si ma réussite définissait qui je suis.
Parfois, je me mets tellement de pression que je bloque. Mon cerveau devient vide pendant un examen, même si j’avais tout révisé la veille. Après, je m’en veux. Je me dis que je suis nulle, que j’aurais dû faire mieux. C’est un cercle qui ne finit jamais.
Cette fille, c’était moi il y a quelques années. Mais j’apprends, petit à petit, que je ne suis pas seule à ressentir ça. Plusieurs personnes vivent la même chose, même si on n’en parle pas toujours.
J’essaie de me rappeler que faire de son mieux, ce n’est pas forcément être parfait. Que l’échec ne veut pas dire que je suis un échec. L’anxiété de performance fait partie de mon adolescence, mais elle ne me définit pas. Je suis plus que mes notes, plus que mes réussites. Et peut-être que grandir, c’est aussi apprendre à être plus douce avec moi-même et comprendre qu’un échec ne ruinera pas ma vie toute entière.
Océane Desbiens



