La mer donnait du poisson,
Du sel, du vent, des saisons.
Elle offrait sans compter,
Sans jamais rien demander.
L’homme, pressé,
Jetait sans regarder.
Un sac ici, une boîte là,
Ça ne paraissait pas.
La mer a tout gardé,
Sans parler, sans crier.
Les poissons ont dû vivre
Avec ce qu’ils ne pouvaient fuir.
Un jour, l’homme est revenu,
La mer n’était plus aussi saisissante.
Il ne l’a reconnue.
Moins claire, moins vivante,
Alors l’homme a compris enfin
Que la mer n’est pas sans fin.
Ce qu’on lui donne, elle le rend,
Tôt ou tard, comme un torrent.
– Plume


