Jeune fille calme, résiliente et portant attention au moindre détail. Elle passe haut la main tous les tests et épreuves que la vie parsème devant son chemin. Elle réagit avec logique et discernement tout en protégeant les gens qu’elle chérit le plus d’être atteints par ses actions. Cette jeune fille accumule des années de sentiments et de réactions enfouis au plus profond d’elle.
Puis un jour, une plume, un propos mal perçu, une goutte d’eau de trop dans son énorme réservoir souterrain se dépose par-dessus la tension. Le vase déborde, son flot s’écoulant comme les chutes du Niagara, entraînant avec lui toute la rage et la confusion jamais exprimées. Elle pleure, elle crie, elle ne sait plus ce qu’elle ressent.
La jeune fille, autrefois douce, ravage tout sur son passage, y compris les gens qu’elle adore. Ses paroles blessent plus que des coups, car personne ne sait vers qui elles sont réellement dirigées. Les gens la repoussent pour se défendre et elle se retrouve incroyablement seule.
Passée la crise, elle reprend ses esprits et essaie de retrouver son ancienne forme en se repliant jusqu’à entrer dans son moule. La vie reprend son cours et les émotions continuent à s’accumuler dans le réservoir. Cependant, la situation est différente cette fois. La jeune fille sent la catastrophe approcher et tente de refouler la vague autant qu’elle le peut.
Comme un mal de tête, les sentiments viennent compresser son crâne et bientôt, les anti-inflammatoires ne sont plus assez. Elle trouve un havre de paix dans des médicaments assez forts pour lui permettre d’être inatteignable par ce qu’elle ressent et ce qu’elle vit.
La jeune fille, auparavant pleine de joie de vivre, traverse désormais les jours comme un fantôme. Son âme est prise dans un corps engourdi, ne pouvant que contempler les ruines de son déluge. La prochaine explosion peut être retardée encore un peu, mais elle sera plus ravageuse que toutes les précédentes.
Pour l’instant, la jeune fille vivra sa vie normalement, en n’ayant aucune idée de l’avalanche qui l’attend.
– Léa


