La noirceur de mes jours se compare à celle de la nuit
Les larmes sur mes joues, les étoiles qui la nourrissent
Ô tristesse! je crie un sourire tracé
Ô malheur! Murmure de mes pensées
Quel malheur de devoir prétendre
Oui le malheur de faire semblant
Une envie soudaine de me pendre
Et de se saouler pour longtemps
La misère de la poésie qui me poursuit
La misère de celle-ci qui écrit
La misère de la poésie qui me détruit
Et le regard d’autrui
Blanche comme la lettre sur laquelle j’écris
La pureté des poètes accomplis
Une lettre mise au feu et brûlée
Une lettre qui vite noircie
Edgar Allan Poe, Nelligan, Baudelaire
Comment tous ces artistes font donc pour plaire?
Des oeuvres douces comme une rose
Et percutantes! Telle est leur prose
En lisant leur oeuvre, rivières prennent vie
La marée monte, à niveau que je les lis
Oh quelle malheur de lire leurs malédictions
Sur des pages imaginant ma prédiction
Je ne suis qu’un humain, mais pas que
La couleur de mes jours ne sera jamais celle du soleil
Mais les larmes sur mes joues brûlent, alors c’est pareil?
Oh tristesse! J’écris alors que mes blessures saignent
Oh malheur! Je crie en attendant que la mort m’atteigne
Je ne suis qu’une poète, qu’un simple poète
Dajani



