J’pensais avoir payé ma part.
J’pensais que le corps pouvait apprendre pis passer à autre chose.
Mais dès que je ferme les yeux, ça recommence.
Pas une image floue – une scène entière qui s’impose, qui me prend de court, qui décide à ma place.
J’ai beau me dire que c’est fini, mon corps, lui, n’a pas reçu le message.
La nuit, j’évite de dormir.
Pas par fatigue, par peur.
Parce que fermer les yeux, c’est ouvrir la porte.
On me demande comment ça va.
Je réponds: « Ça va. »
Mais la vérité, c’est que j’sais plus quoi faire pour continuer quand l’intérieur refuse d’avancer.
Une fois, j’ai survécu.
Deux fois, j’sais pas si j’ai encore les outils, l’énergie, la force qu’on me prête.
J’sais pas si j’suis en train de tomber.
Mais j’sais que j’suis pas debout.
J’imagine que je suis quelque part entre les deux, à tenir par habitude, pas par conviction.
Si je reste, c’est pas parce que j’suis forte, mais parce que je sais pas comment partir autrement.
Éloïse



