Être une femme, c’est beaucoup de choses, c’est être perdu dans une société patriarcale qui n’a pas été faite pour nous et dans laquelle nous ne sommes pas complètement acceptées malgré tout. Les femmes sont encore aujourd’hui oppressées dans le monde entier. Oui, dans des pays où la situation est imminente et où les femmes n’ont aucun droit, mais aussi dans des pays comme le nôtre où cette oppression est banalisée.
Une femme doit être belle et se maquiller, mais pas trop non plus, sinon elle cherche l’attention, s’habiller court et à la mode, mais pas trop, par ce que sinon, elle est vulgaire et provocante. Pourtant, mon corps n’est pas un attrait sexuel, non? Être une femme, c’est subir l’hypersexualisation dès notre plus jeune âge, en commençant par le primaire ou de simples épaules sont problématiques et soi-disant “ attirantes” ou “ distrayantes ” pour les garçons. On nous apprend à nous comporter en fonction des hommes, on nous apprend à accepter leurs comportements déplacés qui sont pourtant si banalisés.
Des blagues lancées par ci et par là, des sifflements dans la rue ou même, des remarques aux services à la clientèle. Non, ce n’est pas normal que Serge, 75 ans , m’appelle ma chérie et me dise que je suis belle quand il vient payer sa commande aux caisses. Ce n’est pas normal qu’une victime d’agression se fasse demander ce qu’elle portait, et cela homme ou femme d’ailleurs. Ce n’est pas normal que les standards d’une femme qui prend « soin » d’elle soient si hauts, pourquoi mes poils à moi seraient dégoûtants, alors qu’ils sont si « virils » chez les hommes? Nous devrions pouvoir avoir le choix, le choix de nos corps, de nos vies et ne pas avoir à nous faire contrôler par cette société remplie d’hommes qui prennent des décisions pour nous sur des choses qu’ils ne peuvent même pas comprendre comme les menstruations, l’avortement ou même, l’accouchement.
Nous ne sommes pas prises en compte comme on le devrait, nous ne sommes pas prises au sérieux comme on le devait et pourtant, une femme peut accomplir tellement de choses, si seulement elle partait d’égal à égal socialement avec les hommes. Ceux-ci apprennent à se sentir supérieurs à nous, ils apprennent qu’ils doivent pouvoir nous contrôler et nous mépriser pour être un vrai homme, tout part donc de l’éducation. La phrase “éduquons nos fils au lieu de protéger nos filles” ne peut pas être plus vraie et représentative. Être une femme, c’est une charge mentale qui fait d’une vie un combat, et pourtant, je suis si fière d’être une femme.
Yena



