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École secondaire Curé-Mercure

Petite fleur
Assumée

Petite fleur

Je n’étais pas d’accord. Je ne le suis toujours pas, mais je comprends mieux. Je comprends mieux pourquoi tu as voulu partir un instant. Quoique court, il a été fatal. Les ondes de chocs.

Voici mon sujet. Les répercussions des actions sur la vie des autres. Mon ami. Ma petite fleur s’est enlevée la vie le 9 janvier 2016. Mais, ceci n’est pas totalement à propos de lui, c’est à propos de nous tous. Tous ceux qui se sont sentis personnellement atteints par cet événement. C’est normal de se sentir seul, abandonné, mais croyez-moi, ça passe. À la suite de son suicide, et je vais parler au je pour ne pas généraliser, je me suis sentie en colère. De quel droit s’était-il enlevé la vie sans demander de l’aide? Sans penser aux autres? Ma colère m’a forcée à durcir le bouclier que tous les gens utilisent pour se protéger. Chaque journée était une journée qu’il m’avait privée de sa compagnie.

À suite de cette phase, arrive la tristesse. Celle-là elle est plus collante un peu. Ce sentiment dans notre gorge qui brule d’exploser, qui veut nous trahir et avouer au monde entier qu’en fait, ça ne va pas si bien qu’on le prétend tous. Cette tristesse-là est lourde et tranchante. Elle s’est installée confortablement dans ma vie et y a vécu un bon moment.

 

Laisser aller. C’est le seul moyen. Pleurer, crier de toutes vos forces. C’est à ce moment que vous saurez que la tristesse a laissé sa place à la nostalgie. Tous ces moments, les rires, les expériences, les chicanes, la vie quoi. Il me manque. Comme à tous, mais je garde, dans mon cœur, ces moments-là qui me rappellent que la vie est précieuse et unique. Il faut arrêter de perdre notre temps à plaire aux gens et de se le reprocher si ce n’est pas le cas. On a tous un Yan dans notre vie, et on l’est également pour quelqu’un. On a tous cette personne qui nous fait sourire ou qui nous fait vivre toutes sortes d’émotions. Il faut s’accrocher l’un à l’autre et arrêter de se pousser. Car, un jour, quelqu’un tombera. Vivre chaque journée comme si c’était ta dernière. Voici ce que ma petite fleur m’a laissé en héritage. Rester fort. On survit à tout, si on le veut bien. Merci pour tout, Yan, big love.

Justine Lortie, à la mémoire de ma petite fleur, Yan-Éric Lagacé

Ressources disponibles

Justine Lortie

Justine Lortie, c’est moi. En fait, c’est mon nom. Ce qui donne l’impression aux gens de me connaître. Je suis une élève studieuse de 16 ans, en 5e secondaire. J’essaie toujours d’équilibrer le coté académique, sportif, social et émotionnel dans ma petite vie qui semble si bien rangée, sous les yeux des curieux. Je dois dire que j’ai presque réussi. Mes émotions font autant partie de moi que mes mains ou mon cœur le font. Je viens de sortir d’une relation qui m’a fait rencontrer une des plus belles personnes de ma vie. J’ai également perdu un ami extraordinaire au suicide et je crois que rendre les gens plus réceptifs à ce genre d’évènement pourrait changer beaucoup de choses dans beaucoup de vies.

Justine Lortie - École secondaire Curé-Mercure