Le divorce, c’est un mot qui paraît simple, mais qui traîne plein de choses derrière lui. Quand mes parents se sont séparés, je ne savais pas trop comment réagir. Je n’étais pas en crise, mais je n’allais pas bien non plus. C’est comme si quelque chose d’important se brisait, sans faire trop de bruit. Les journées continuent normalement : l’école, les devoirs, les amies. De l’extérieur, personne ne voit vraiment la différence. Mais à l’intérieur, je pense souvent à avant, quand tout était plus stable, plus prévisible.
Maintenant, il faut toujours s’adapter se rappeler où je suis telle journée, avec quel parent, et ça devient parfois épuisant. Ce qui me rend triste, ce ne sont pas les grandes disputes, parce qu’il n’y en a plus. C’est plutôt l’absence. L’absence de moments simples, comme être tous ensemble sans y penser. Les soupers sont plus calmes, parfois trop. Et même si mes parents font de leur mieux, je sens que quelque chose manque. Parfois, je me demande si mes parents sont vraiment plus heureux comme ça. Et si oui, pourquoi moi, je me sens encore un peu lourde à l’intérieur. J’essaie de ne pas trop en parler parce que je ne veux pas ajouter de problèmes. Je garde ça pour moi, en me disant que ça va finir par passer.
Avec le temps, j’apprends à accepter cette nouvelle réalité qui n’est pas vraiment nouvelle et qui date de quelques années en fait, mais je m’adapte toujours à ce changement. Elle ne me rend pas heureuse tous les jours, mais elle ne m’empêche pas d’avancer non plus.
Emma



