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La culture engendre la monstruosité

Grace Laurel Mokam Tatache

Écrit par : Grace Laurel Mokam Tatache

École : Polyvalente St-Jérôme

Année scolaire : 2025-2026

Publié le : 8 avril 2026

J’ai longtemps pensé que mes convictions étaient étranges. J’étais sous l’impression que cette idée absurde était de ma propre conception, mais en vérité, elle est le produit du colonialisme et de la société contemporaine.

Je suis kamite, ce qui signifie que je m’identifie à la culture et à la spiritualité de l’Afrique ancienne, généralement centrée sur la réappropriation de l’Égypte antique. Un kamite prône l’honneur des ancêtres, l’entraide mutuelle, la conscience d’identité panafricaine, la paix et le partage, favorisant un retour aux fondements culturels africains en réponse à l’héritage colonial. Pourtant, cette spiritualité est aujourd’hui largement méconnue, voire ridiculisée. 

Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à l’histoire du colonialisme. Pour mieux maîtriser un peuple, on doit détruire ou remplacer leur culture. La colonisation a cherché à substituer les religions et traditions locales par le christianisme et l’islam (actuellement dominante), décrivant les spiritualités africaines de façon péjorative, ce qui a conduit à une perte des repères culturels. 

Je le ressens actuellement et je suis consciente des conséquences. La spiritualité kamite est rarement suivie par les jeunes de ma génération, non pas en raison d’un manque de valeur, mais parce qu’on leur a enseigné à la repousser pendant des centaines d’années. De plus, du fait de sa méconnaissance, quand j’essaie d’en parler, les gens me regardent comme si j’étais une personne perturbée en raison de mes convictions qui sont mal comprises et uniques.  Nombreux sont ceux qui ont décroché de leurs racines, de leur histoire et des principes qui jadis renforçaient nos communautés. 

En tant que femme noire naviguant dans ce monde complexe, je ne suis plus étonnée par ce regard. Je poursuivrai la promotion de cette pratique tant que j’existerai, car elle fait intrinsèquement partie de qui je suis. Elle représente ma culture, mon patrimoine, ma réalité. Posséder une culture est primordial pour construire son identité, consolider le tissu social et transmettre des principes d’une génération à l’autre. 

Pour renouer avec mes racines j’ai fait partie du groupe nommé Sankofa Junior. Faute de temps, j’y suis restée deux ans, mais c’est un organisme à but non lucratif. Il a pour ambition de faire découvrir aux plus jeunes toute la beauté et la puissance du passé de nos ancêtres. Il soutient avec plaisir et dévouement les parents dans la transmission de notre histoire et des traditions.

En conclusion, un homme sans culture, c’est comme un zèbre sans rayure.

-proverbe africain

Grace

 

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