La période d'inscription pour les écoles et organismes est ouverte ! Contactez-nous

La période d'inscription pour les écoles et organismes est ouvertes ! Contactez-nous

Catégories

Écoles

Archives

Je n’ai plus peur

Fay Péret

Écrit par : Fay Péret

École : École secondaire Henri-Dunant

Année scolaire : 2025-2026

Publié le : 31 mars 2026

Les gens comme moi étouffent. Vous devez vous demander, mais de quoi parle-t-elle ? Les gens « comme elle »? Je parle de personnes qui, comme moi, font partie de la communauté LGBTQIA+. Parce que oui, je l’avoue et je le crierais sur les toits s’il le fallait, je suis lesbienne. Dire cela ouvertement m’aurait autrefois pétrifiée, mais je suis fatiguée d’avoir peur des autres. Le pire, c’est que je sais que je ne suis pas la seule. Certes, notre société est maintenant beaucoup plus ouverte aux minorités, mais je constate comme beaucoup d’autres, une certaine régression dans la mentalité des gens.

​Je suis en couple depuis un peu plus d’un an avec une fille, une fille géniale. Elle me rend si heureuse, elle me fait rire, m’apprend à me faire confiance et à m’écouter. Malheureusement, certains ne voient pas cela. Ils voient un problème, quelque chose à « corriger ».

​Quand un couple hétéro se promène dans les corridors main dans la main, personne n’y prête attention. Mais quand je le fais avec ma copine, ce sont des regards, des murmures et des rires. Comme si nous étions une attraction de cirque. Lorsqu’un couple hétéro s’embrasse avant de se quitter, personne ne les voit. Mais quand c’est nous, il faudrait “garder ça chez nous”, c’est perçu comme repoussant, effrayant ou dégoûtant.

​Il n’est pas rare que j’entende des gens parler des lesbiennes ou des gays en riant, ou s’insulter en se traitant de gays comme si c’était un affront. Il m’est souvent arrivé, en rencontrant de nouvelles personnes après avoir changé d’école, de ne pas oser parler de ma sexualité par peur du jugement. Une fois, des filles ont passé près de dix minutes à tenir des propos homophobes durant une période libre en cours. J’étais là, sous leurs yeux, pétrifiée. Et complètement silencieuse. J’ai souvent dû mentir sur le genre de « gars » qui m’intéressait. J’ai souvent ressenti une décharge d’adrénaline et d’anxiété avant de simplement avouer à quelqu’un que j’aimais les filles.

​Parfois, les réactions sont bonnes. Mais parfois, on entend « Ah, mais moi tu ne m’aimes pas, hein ?» , « Ben là… comment tu fais dans les vestiaires ? ou encore « Comment fais-tu pour aimer les filles ? ». La réponse à ces questions est simple : je fais comme toutes les autres filles et toutes autres personnes qui aiment les filles.

​De toutes les choses que nous pourrions détester dans le monde, comme le cancer, la guerre, ou la pauvreté, certains ont choisi de détester l’amour. Simplement parce qu’il est différent du leur. Il est grand temps que ces gens réalisent que nous sommes comme eux, des humains avec des cœurs qui aiment.

​Je n’ai plus peur de m’assumer, car j’ai réalisé que si quelqu’un me rejette en fonction de qui j’aime, cela en dit plus sur eux que sur moi. Et si c’est la seule chose qu’ils trouvent à critiquer chez moi, c’est que je fais un plutôt bon travail dans la vie. Si tu te caches, comme je le fais, sache que moi je te vois et je t’apprécie. Merci de mettre de la couleur dans notre monde, n’aie pas peur de la montrer. Sois toi-même et sois-en fière.

-Fay

Partager l'article

Les derniers articles de nos blogueuses

           DÉFILER