Hier, j’avais regardé le ciel.
La raison du pourquoi m’échappe, mais j’avais l’impression qu’il essayait de me dire quelque chose. Les étoiles brillaient telles qu’elles n’avaient jamais brillé auparavant. Elles avaient cet éclat qui m’interpellait, qui me questionnait sur ce que les astres voulaient exprimer. Ce ciel pur, tout droit bénit de l’au-delà, me rappela à quel point l’infini est grand et l’univers, immense.
Hier, j’avais observé les diamants de la galaxie.
Un silence sidéral m’enveloppa alors que je contemplai cet art merveilleux qui s’étendait devant moi. Comme la nuit est paisible, dans cette partie de monde remplie de clarté et d’harmonie. Comme la nuit est douce, dans cette partie du monde rempli de lumière sereine et de paix. Alors que le clair de lune illuminait une part de notre Terre bien aimée, je tombai dans les bras de Morphée.
Aujourd’hui, je me suis réveillée, sans problème ni soucis.
Je me suis réveillée alors que, de l’autre côté de la sphère, il y en a des milliers qui sombrent dans un sommeil éternel à cause de monstruosités humaines. Des milliers qui n’ont jamais expérimenté le calme céleste ou l’aube sereine. J’ai rouvert les yeux dans un pays où le ciel est clair, alors que d’autres vivent sous les ténèbres.
Aujourd’hui, j’ai eu le droit de respirer.
J’ai pu avoir accès à de l’information, j’ai pu parler à voix haute, j’ai pu manger, j’ai pu faire tout ce que d’autres ne peuvent pas. Je ne vis pas là où les grands mots sont sous le sceau du silence, où seules des paroles pourraient mener à une éternelle absence. Tout cela alors que des femmes iraniennes risquent l’arrestation en chantant dans les rues, pour la paix, pour la liberté, pour tout ce qui nous semble sensé.
Aujourd’hui, j’ai eu le droit à la stabilité.
Je ne me suis pas soucié des bruits trop forts, je n’ai pas eu peur en voyant des inconnus ni en marchant dans ma rue. Ma maison n’est pas démolie, ma ville n’est pas ravagée. Mon ciel n’est pas rempli de poussière ni de fumée. Tout cela alors que des milliers de personnes innocentes à Gaza ont perdu leur maison, leur chez-soi.
Dans ce monde où le chaos règne, j’ai eu la chance de naître dans un semblant d’harmonie.
J’ai eu la chance de naître là où les bombes ne tombent pas, là où les cris d’agonie ne se font pas entendre. En revanche, cela ne me rend pas légitime de ne pas écouter les endroits où des nations parlent à voix basse et où le sol gronde, et cela ne me rend pas légitime de fermer mes yeux face aux images des villages et des populations frappées par l’ombre du mal. Tout ça, alors que, comme moi, certains regardent la Lune et rêvent d’égalité.
Nous vivons dans un pays démocratique, nous avons la chance de vivre et de nous réveiller avec un soleil chaleureux. Donc, ne laissons pas leurs seuls espoirs de paix s’éclipser. Donnons aux peuples la chance de s’exprimer, que leurs voix résonnent plus fort que ces orages armés.
Delphine



