Elles trop souvent, ont été éventrées par les crocs du monde, vidées de leur lumière pour le simple crime d’être nées femmes. Pensez-y, ce n’est pas la chair entre leurs cuisses qui détermine leur valeur ni le silence qu’on tente de broder à leurs lèvres avec du fil barbelé déguisé en dentelle.
Donc, expliquez-moi pourquoi, leurs voix doivent-elles se noyer dans la gorge des hommes qui refusent de les entendre? Pourquoi faut-il qu’elles supplient pour exister au-dessus du vacarme des jugements? Leurs peaux ne sont pas des territoires à conquérir. Leurs utérus ne sont pas des champs de guerre. Leur « non » n’est pas une énigme à traduire selon la volonté d’un homme.
Elles, ces femmes emprisonnées, ont ravalé leurs cris jusqu’à ce qu’ils deviennent des silences héréditaires, des générations entières de femmes muettes, en deuil de leur propre voix.
Leur douleur n’est pas un bijou. Pas un récit à enjoliver. Ce fardeau n’est pas le leur. Alors, pourquoi tendre la main avec des doigts faits de fer et de jugements ? Pourquoi se proclamer souverain d’un royaume qu’elles seules ont bâti en survivant jour après jour ? Elles ne sont pas à dominer. Pas à réparer. Pas à briser.
Laissez-les saigner en paix, guérir à leur rythme, renaître sans chaînes. Offrez-leur enfin ce qu’elles ont toujours mérité:
une vie qui leur appartient.
Charlie



