Êtes-vous parfait ? Non, n’est-ce pas ? En vérité, personne ne l’est. Alors, pourquoi est-ce que j’essaie toujours de l’être ? Je me suis posé cette question au moins 1000 fois cette semaine et je me suis dit que c’était une bonne inspiration d’écriture. Pourquoi est-ce que je me façonne toujours pour entrer à la perfection dans les moules ? Plus précisément, leurs moules. Même moi, je n’en sais rien.
J’ai l’impression que mon cerveau ne veut pas accepter qu’il est impossible d’être parfait. On dirait qu’il essaie de me dire que si je ne suis pas parfaite, je ne suis rien. Rien, rien, rien. Donc, j’essaie. J’ai les meilleures notes à l’école, je participe à une activité parascolaire, je suis là à faire mon possible et me donner corps et âme pour être parfaite, mais pourquoi ? À quoi bon être parfaite ? Pour qui ? Pour quoi ? On me dit que je parle trop, alors je parle moins. On me dit que mes cheveux sont plus beaux lisses, alors je les lisse, que le mascara fait ressortir mes yeux, alors j’en mets. Je me façonne pour plaire à tous alors qu’il n’y aura jamais assez de ci, assez de ça.
À force de se changer et de se cacher derrière le miroir déformé qu’est la « perfection », on s’oublie. On oublie qui l’on est et d’où l’on vient. On oublie nos valeurs, nos passions et on fait passer tout le monde avant nous-même. Et c’est difficile de sortir de ce cercle. Ça demande un effort surhumain. Maintenant, je me rends compte à quel point, à force d’ajouter toutes sortes de choses à ma personne, je me suis oubliée. Je ne me connais pas. Mes intérêts, mes ambitions, mes rêves, mes amies, envolés. Envolés, envolés, envolés. Disparus derrière tous ces effets spéciaux de cette société pourrie par l’influence.
J’ai l’impression d’être une histoire que l’on modifie au fil du temps et où l’originale est oubliée dans les méandres du temps pour toujours, ou presque. La couverture reste la même, mais l’intérieur est modifié du tout au tout, par des dizaines de personnes qui tentent de réécrire cette histoire à leur manière en ajoutant leurs « petites » touches personnelles et en oubliant totalement le but de la première version. J’aurais envie de dire la « vraie » version. Avez-vous remarqué à quel point, dans presque tout, la première partie reste la meilleure ? Que ce soit le premier livre d’une saga, le premier film, la première idée, la première réussite. Les premières parties sont les meilleures parce qu’elles n’ont pas été créées pour être réécrites.
Mon histoire à été modifiée tellement de fois par tellement de personnes que la vraie version a disparu. Où est cette version originale ? Je ne sais pas, mais je la cherche et j’ai espoir qu’un jour, si c’est encore possible, je la retrouverai elle et toutes ses belles couleurs, sans AUCUNE modification. Peut-être qu’en la retrouvant, je réapprendrai à me connaitre moi, juste moi.



