La nuit me tombe dessus comme un poids que je ne peux soulever. Les murs de ma chambre semblent plus proches, ils respirent avec moi, mais me rappellent tout ce que j’aimerais oublier.
Je revis parfois chaque instant, comme si mes yeux ne pouvaient fermer la mémoire. Les rires des autres résonnent loin, et les miens restent coincés quelque part, étouffés.
Il y a des jours où je me sens brisée, chaque geste, chaque bruit me ramène à ce qui s’est passé. Mon corps se souvient avant moi, mon souffle se bloque, et mon cœur court dans l’ombre.
Parfois, je ferme les yeux et j’essaie de fuir, mais le souvenir est plus rapide que mes pensées. Il s’invite dans mes rêves, dans les angles sombres de mes journées, et me rappelle que je ne peux pas l’oublier.
Je marche dans le monde avec un poids invisible, un manteau que personne ne voit, mais que je sens sur mes épaules à chaque pas.
Je souris pour ne pas inquiéter, mais à l’intérieur, tout est fragile, fissuré.
Je parle peu de ces moments, ils sont mes ombres secrètes. Et pourtant, ils m’enseignent à survivre, à respirer malgré le tremblement, à continuer même quand les souvenirs me frappent.
Chaque bruit, chaque geste inattendu peut ramener le frisson, le vertige de ce qui n’aurait jamais dû arriver. Et je reste là, à apprendre à vivre avec ces fantômes, sans savoir quand ils s’en iront.
Mais même dans cette tristesse, je garde une étincelle – minuscule, fragile, incertaine – celle qui me rappelle que je suis encore là, que je respire, que je peux encore écrire ma propre histoire.



