J’ai toujours ce poids qui se loge dans le fond de ma gorge.
Il me suit partout.
Comme mon ombre.
Que je sois dans mon lit, chez des amis ou à l’école,
Il ne s’en soucie pas.
Il me traque, m’enserre, et je ne peux rien faire pour le contrer.
Alors, j’apprends à vivre avec,
Coincée avec cette malédiction incurable.
Ici, je ne parle pas de maladie ou de syndrome.
Je parle de malaise, de fatigue.
De cet épuisement qui, même la nuit, ne veut pas se reposer.
De ses cernes qui n’ornent jamais mon visage, mais emplissent ma tête.
Je parle du fardeau que mes épaules s’entêtent à supporter.
J’aimerais pouvoir le laisser et l’enfermer dans un coin sombre,
Mais, il est là, bien présent.
Dès la première seconde où j’ouvre les yeux
Jusqu’à la dernière, où ma tête me retient consciente.
J’enchaine les 8, 9 et 10 heures de sommeil,
Mais mon corps est lasse de se relever.
Mes pieds sont remplis d’ampoules à force de marcher sans but.
Mes yeux sont asséchés à force de regarder les informations défiler sans pouvoir la retenir.
Et surtout, mon âme est abattue à force d’essayer encore et toujours
De se départir de pensées encombrantes.
À la fin,
Il n’y a pas de gagnant ou de perdant.
Juste moi et cette fatigue qui ne s’endort jamais vraiment.
Elle est là,
En moi,
Comme un bruit de fond incessant.
Pas agressif, mais présent.
Juste un murmure.
Assez pour me tenir au bord du sommeil,
Plus totalement présente,
Mais pas encore endormie.
Éliane



