Une douce brise fait remonter des frissons tout au long de ma colonne vertébrale alors que la lune, en croissant, monte de plus en plus haut dans le ciel étoilé. Je la regarde avec remords et soupir. Ça fait déjà 15 minutes que je me promène dans ce lieu et je ne vois plus le sentier sous mes pieds. Mon regard tombe sur le sol où les brins de gazon, qui sont d’un vert émeraude le jour, sont maintenant couverts d’ombres bleuâtre. Chaque pas que je fais émet un petit bruissement qui brise le silence calmant de la nuit. Je deviens de plus en plus anxieuse alors que je découvre enfin que je suis perdue.
– Pourquoi ai-je cru que c’était une bonne idée de sortir du sentier? Me dis-je à moi-même.
Je soupire de nouveau et me frotte les yeux avec un air fatigué. Mon énergie est en train de se drainer alors que j’essaie, sans résultat, de trouver un moyen de sortir de cette apaisante, mais titanesque prison. Une forêt pendant la nuit, un sujet tout de même passionnant. Alors que la plupart des gens trouvent qu’une forêt la nuit est effrayante et même monstrueuse, moi je la trouve totalement différente. Des superstitions se sont créées, disant que s'aventurer la nuit n’est que mauvais signe, mais peu de personnes voient ce que je vois. La peur de l’inconnu, le fait de ne pas avoir accès à certaines informations, ce sont eux les vrais coupables. Tout le monde est infecté par cette peur. La nuit n’est pas plus signe de danger que le jour. Seulement, puisque nous sommes des organismes s’activant plus au jour, nous ne voyons pas les beautés de la nuit. Celle-ci est un univers différent du nôtre qui mérite d’être connu avant d’être jugé. Finalement, j’ai retrouvé mon chemin maintenant avec une joie apaisante. Apprenez, découvrez, c’est ce qui fait de nous des humains.
- Camille