Années 1970, base scientifique d’Halley Bay, Pôle Sud.
Le chercheur Joseph Farman y effectue des relevés avec des ballons sondes de 1975 à 1984. Il ne tarde pas à s’apercevoir que le taux d’ozone dans la stratosphère est en chute vertigineuse et qu’un immense trou prend forme au-dessus de l’Antarctique. De plus, ses données viennent corroborer les travaux des scientifiques américains Mario Molina et Sherwood Rowland, détenteurs de prix Nobel en chimie qui ont sonné l’alerte en 1974 au sujet des impacts dévastateurs des gaz industriels sur notre couche d’ozone. En effet, ces gaz, qu’on appelle des chlorofluorocarbures, ou plus connus sous le nom de CFC, sont des gaz fluorés composés de carbone, de chlore ainsi que de fluor qui sont les principaux responsables de la dégradation de notre précieux bouclier terrestre. On avait commencé à en utiliser en masse avec la hausse fulgurante de la demande des appareils ménagers comme les réfrigérateurs et les aérosols.
De nombreux traités internationaux sont alors signés tels que la convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone en 1985 et le Protocole de Montréal en 1989 réunissant plus de 100 pays. Les grandes firmes chimiques multinationales mettent au point des substituts aux CFC, ces gaz sont interdits dans toute l’Union européenne et même un fond mondial d’aide monétaire pour les pays en développement tels que l’Inde a été ouvert.
Aujourd’hui, les CFC, de puissants gaz à effet de serre, sont interdits dans beaucoup de pays du monde et le trou dans la couche d’ozone se résorbe. Il s’agit certes d’une immense « victoire » environnementale. Cependant, il nous reste encore énormément à faire pour vaincre le réchauffement climatique. On n’a qu’à penser aux choquantes données rendues disponibles au public le 9 janvier dernier; le programme européen d’observation de la Terre Copernicus a révélé qu’avec 14,98° Celsius de température moyenne, 2023 était l’année la plus chaude jamais enregistrée de l’histoire de la Terre. La température globale de la Terre doit impérativement être maintenue sous le seuil des 2° Celsius, sans quoi les conséquences déjà dévastatrices de la hausse des températures comme l’augmentation de la fréquence et de la gravité des sécheresses, la disparition d’habitats naturels et le manque de disponibilité de l’eau vont particulièrement s’aggraver.
Le changement climatique est provoqué par de nombreux facteurs, mais le principal est l’effet de serre « artificiel ». Lorsque la Terre reçoit l’énergie solaire à 340 W/m2, environ 30% de cette énergie est réfléchie par les nuages et par les calottes glaciaires ainsi que les banquises. Si la Terre était dépourvue d’atmosphère, les rayonnements du Soleil seraient absorbés par la surface terrestre et renvoyés immédiatement dans l’espace sous forme de rayons infrarouges, nous privant ainsi de la chaleur du Soleil indispensable à notre survie. Heureusement pour nous, la planète bleue possède une atmosphère (dont la couche d’ozone est par ailleurs une partie!) contenant des gaz comme du dioxyde de carbone et du méthane qui produisent un effet de serre naturel. Sans eux, la température terrestre serait à -18° Celsius plutôt que 15° Celsius! Toutefois, la combustion des énergies fossiles comme le charbon, le gaz naturel et le pétrole dans la production notamment d’électricité, de chaleur, de voitures et dans une tonne de produits industriels dans une société de surconsommation émettent trop de gaz à effet de serre qui renvoient les rayons partout et les séquestrent dans l’atmosphère, ce qui provoque un réchauffement global.
En outre, la déforestation massive et l’augmentation de l’élevage des bovins et des ovins pour la consommation humaine, qui relâchent beaucoup de méthane en digérant leur nourriture, sont deux autres grandes causes importantes de l’effet de serre. De plus, de nombreuses données et histoires toujours plus alarmistes sont révélées chaque jour. Par exemple, 80 000 km2 de forêt équatoriale disparaissent chaque année, dont 53% provient de la forêt amazonienne, selon le WWF. D’après l’ONU, un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. 8,7 millions de personnes ont dû être déplacées, en 2022, en raison des cancers causés par le réchauffement climatique. En addition, la part de chacun dans le réchauffement climatique est bien inégale. Les habitants d’Amérique du Nord émettent environ 20,8 tonnes de GES par habitant par année, tandis que ceux d’Afrique, bien plus touchés par la crise climatique en raison du manque de ressources, ne sont responsables que de 1,6 tonnes des émissions mondiales par habitant annuellement. Malgré ces faits irrévocables, 2024 pourrait bien devenir la nouvelle année la plus chaude jamais enregistrée, avec les nouveaux records de chaleur fracassés tous les mois. Les pays du monde devront en faire beaucoup plus pour parvenir à maintenir l’effet de serre sous le seuil des 1,5° Celsius, conformément à l’accord de Paris.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, chaque citoyen devra faire sa part comme consommer davantage d’aliments d’origine végétale et utiliser plus les transports en commun. Participer à des manifestations et donner à des organismes environnementaux est également possible.
En définitive, la success-story environnementale de la couche d’ozone a tendance à être oubliée en raison de la multitude d’autres urgences relatives au climat. Néanmoins, c’est la preuve qu’en s’unissant, qu’en respectant les promesses faites et qu’en aidant les pays défavorisés, nous pourrions venir à bout de la dégradation climatique. En tout cas, mieux vaut prévenir que guérir.
-Alicia