Récemment, des scientifiques ont réussi à modifier génétiquement des souris pour leur donner des traits de mammouth. Ils l’ont baptisée la souris laineuse. Exécutée pour la première à petite échelle par le laboratoire privé Colossal Biosciences au Texas, la réussite de cette opération ouvre la porte à la possibilité d’essayer la même chose sur des éléphants d’Asie qui sont beaucoup plus proches des mammouths laineux. Mais pourquoi tant d’efforts sont-ils déployés pour ramener ces grands mammifères?
Les chercheurs affirment que le retour du mammouth pourrait être bénéfique pour l’environnement. Ce dernier rendrait le permafrost plus compact en piétinant dessus et contrôlerait également l’écosystème, de même que le climat des vastes zones arctiques ainsi que de la toundra. Ce climat absorberait moins bien le carbone, désormais, et ne combattrait plus aussi bien le réchauffement climatique. Cette espèce aiderait aussi à préserver le carbone présent en quantité gigantesque dans le permafrost tout en rétablissant les prairies arctiques.
Ce n’est pas un secret que les populations d’éléphants autour du globe sont gravement menacées; les éléphants d’Afrique sont menacés d’extinction, l’éléphant du Sumatra a perdu 75% de son habitat naturel depuis 1985, ceux d’Asie sont officiellement en danger… Mais les avancées scientifiques concernant les mammouths pourraient bénitier nos populations d’éléphant. En effet, la séquence de génomes étudiée pour ramener le mammouth pourrait aider à réduire les effets du EEHV, soit une maladie herpèsviridée qui affecte une grande partie de la fragile population qui sont les éléphants. Sauver les éléphants de l’extinction est un vrai enjeu, car ils sont considérés comme des espèces clé de voûte. Cette appellation désigne les espèces qui jouent un énorme rôle dans leur écosystème et leur stabilité. Osmia cornuta, une espèce d’abeille d’Europe, est un bon exemple.
Bref, même si ramener le mammouth peut paraitre ridicule aux premiers abords, il est important de connaitre le contexte dans lequel se passe la recherche au labo Colossal. Peut-être que grâce à cette avancée, nous serons même capables de les voir parcourir la toundra de notre vivant.
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