Aimez notre page
Suivez nous sur

La deMOIs'aile

École secondaire Augustin-Norbert Morin

Projet de mémoire d’une étudiante de maîtrise en psychoéducation de l’UQO
La résilience, 3e partie
Assumée

La résilience, 3e partie

Ma mère s’est tellement battue pour moi, elle s’est battue pendant 4 mois pour recevoir un diagnostic parce que le système de santé banalisait tout! Je vous le dis, ç’a été difficile. Maintenant, je réalise que ma mère est la personne la plus forte dans tout ça, car elle devait non seulement supporter tout ça, mais me supporter moi aussi là-dedans, car j’étais énormément difficile. Je réalise que je n’ai vraiment pas agi correctement envers mes parents, j’ai été parfois méchante et parfois, je voulais juste m’enfuir et refuser d’accepter mon diagnostic ce qui a fait qu’empirer les choses. Je préférais ne pas m’avouer à moi-même qu’il avait quelque chose qui clochait, plutôt que l’affirmer et vouloir me soigner. Une chance que j’avais la mère que j’ai pour m’avoir appuyée là-dedans et m’avoir soutenue.

Ç’a été long, extrêmement long et souffrant, car je n’avais pas de réponses sur ce que j’avais. Il a fallu se battre pour avoir des résultats. Malgré l’ampleur que prenait mon épilepsie, après mes crises, je redevenais correcte donc, c’était difficile de se faire comprendre par les médecins, les symptômes n’étaient pas apparents.

On va se le dire, ça m’a fait "chier", beaucoup même... Par plusieurs, j’avais l’impression qu’on ne me prenait pas au sérieux! J’ai fait une crise devant ma classe et on m’a dit que certains avaient ri de moi… En gros, ç’a pris 5 médecins avant d’avoir été pris au sérieux. Ç’a pris un EEG, un scan et puis, une résonance magnétique pour me faire comprendre. Pour avoir les PREUVES! Ç’a été difficile émotionnellement tout ça, car le processus était long. Moi dans tout ça, rien ne m’aidait, car plus mon diagnostic était repoussé, et banalisé, plus ça m’aidait à ne pas y penser. J’ai passé des nuits à stresser, à angoisser, à penser à comment les autres réagiraient, à comment j’allais intégrer mon diagnostic à mon quotidien.

Je vous le dis, j’ai peur. J’ai peur de ce qui s’en vient parce tout ça ne fait que débuter… L’épilepsie me sort de mon confort et viendra affecter toute ma vie, mais vous savez quoi? Je suis passée par-dessus et je vais apprendre à vivre avec. Oui, je vais devoir informer mon entourage.  Je vais devoir m’assumer, me foutre de l’avis des autres et me réjouir d’avoir « juste ça » parce que je me dis que d’autres ont bien pire. Je dirais que j’ai une bonne partie de mon parcours qui est traversée du point de vue que le plus gros est derrière moi. Le processus n’est pas terminé, mais je crois que j’ai acquis beaucoup de choses durant les dernières semaines et cela m’aidera à traverser la suite. Je commence de la nouvelle médication et je me dis que plus les jours s’enchaineront, plus j’essayerai de m’adapter. C’était peut-être tout simplement destiné à moi, d’avoir eu ce diagnostic sur mon chemin, c’était probablement une épreuve que j’avais à vivre. Chacun d’entre nous aura un jour ou l’autre la sienne à traverser et en grandira...Fin.

 

Marianne

Marianne Gagnon

Je m’appelle Marianne Gagnon, j’ai 16 ans et je suis en 4e secondaire. Si quelqu’un m’avait demandé un jour : si j’étais pour devenir blogueuse, les chances auraient probablement été nulles, mais plus le temps avance, plus l’écriture m’aide à me vider la tête de ce monde de folie, auquel on assiste chaque jour. Avec la famille, les amies, l’école, le travail souvent, j’ai les idées qui débordent et je sens le besoin de me vider l’esprit. Je suis le genre de personne très simple, qui aime vivre, s’instruire et qui est toujours en quête de nouveauté.

Marianne Gagnon - École secondaire Augustin-Norbert Morin