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La deMOIs'aile

École secondaire Curé-Mercure

Assumée

Cancer

À la mi-février 2017, mon petit frère fut diagnostiqué avec un cancer. Une tumeur sous le genou droit. Ce fut un choc pour toute ma famille, comme on peut l’imaginer.

Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que mon petit frère, alors âgé de 13 ans, était l’épitome de la santé. Il pratiquait plus de sports que n’importe qui de ma connaissance, ne mangeait pas de blé ni de produit laitier, avait un « six packs » et un sourire à un million de dollars.

Si je suis honnête, je trouve ça limite injuste : il mangeait pour deux sans prendre une livre, alors que moi, je regardais un verre d’eau et en prenais 5.

De toute façon, il est quand même tombé malade.

Tout est arrivé si vite, je n’arrivais pas à comprendre. C’était littéralement ma plus grande peur qui se réalisait. Ma plus grande phobie. Un vrai cauchemar. Je me souviens, dans la première semaine de sa maladie, j’étais dans mon cours de science, broyant du noir. Il fallait se mettre en équipe pour faire une expérience. Une fois arrivée au laboratoire, j’ai échappé je ne sais plus quoi et j’ai dû faire une face bizarre, ou quelque chose du genre, parce que le prof m’a regardée, les sourcils froncés et m’a demandé si j’allais bien. Je me souviens juste d’avoir répondu vraiment rudement que non, ça n’allait pas, parce que mon frère avait le cancer, avant de tomber par terre. Je me souviens que la douleur me semblait physique à ce moment-là. Je ne pouvais plus me tenir debout. J’avais l’impression que quelqu’un avait planté une épée dans mon ventre et s’en donnait à cœur joie pour la remuer.

Le prof m’a dit que je pouvais sortir du cours, que j’avais des choses plus importantes à faire que de calculer la masse d’un cylindre. Alors, je me suis mise à courir. Je me souviens vaguement que mon amie a tenté de me retenir, mais je me suis enfuie. Je suis allée me cacher dans le fond de la bibliothèque, une des seules places où personne ne te dérange jamais.

C’est à ce moment-là, entre deux crises de sanglots que j’ai compris. Tout le monde se trompe sur le cancer. C’est plus contagieux que la grippe. Les symptômes sont simplement très différents chez les êtres infectés parce qu’ils aiment le vrai malade.

Mes symptômes se sont manifestés de plusieurs façons : par humour noir que personne ne semblait comprendre, par des crises incontrôlées de larmes à toutes les  heures du jour ou de la nuit, insomnie, démotivation scolaire, fatigue, échec de mes cours, désintéressement de toute forme d’interaction sociale, écoute trop intensive de séries télé (merci Netflix,) et prise de poids parce que je mangeais mes émotions.

Je ne me suis même pas rendue compte que j’en prenais. Au mois de mai, j’avais pris 20 livres et je n’en étais même pas consciente. C’est ma mère qui m’a rencontrée pour me dire que je ne pouvais pas continuer comme cela. Si je suis honnête avec vous, et avec moi-même, je n’ai pas perdu mon poids en trop pour moi. À ce stade-là, je m’en fichais d’être limite obèse. Mais j’ai bien vu que ça détruisait ma mère de me voir comme ça. Alors, puisque je ne voulais pas devenir une autre source de souci familial, j’ai perdu du poids pendant l’été.

Maintenant, un an plus tard, mon frère est en rémission. Il va très bien et reprend tranquillement du poil de la bête. Ma famille aussi.

On est tous en rémission.

Jeanne

Jeanne Gauthier

Mon nom est Jeanne Gauthier. Je suis très artistique dans la vie et je suis aussi très "malaisante" quand il s’agit de parler de moi. J’écris beaucoup, surtout des histoires que je ne laisse personne lire et que je ne finis jamais parce que l’histoire est déjà finie dans ma tête… Alors, je deviens paresseuse et je ne la finis pas. Je suis une vraie « nerd », je peux parler d’Harry Potter pendant des heures et j’ai plus de 300 romans dans ma bibliothèque personnelle. Je manque de place sur mes étagères dans ma chambre. Je regarde trop de séries et de films, ainsi que je passe trop de temps sur les « Internets ».