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La deMOIs'aile

École secondaire Curé-Mercure

Découragée

Cancer de l'âme

J’ai un véritable cancer à l’âme et je ne sais pas pour vous, mais mon souhait le plus cher aujourd’hui serait tout simplement de pouvoir vivre chaque moment présent. C’est-à-dire chaque journée, chaque heure ou même chaque minute comme si c’était un véritable cadeau du ciel… Bref, comme s’il n’y avait pas de lendemain.

En ce moment (toujours, en fait), je voudrais arrêter de sans cesse penser aux problèmes dans ma vie, qui de toute façon n’en sont même pas. J’ai l’impression que chaque seconde vécue dans ce bas monde est pour l’analyse anxieuse d’une problématique inventée de toute pièce dans ma tête. Une fois cette problématique passée, aussitôt une autre surgit de plein gré dans mon esprit. Voilà ma vie. Sans cesse m’inquiéter pour des choses aussi bénignes que  » vais-je avoir assez d’argent? Quand je sais très bien que je n’en manque pas ou encore, « Si je quitte le pays en voyage pour 30 jours, est-ce que mon copain m’aimera encore au retour? » Ou pourquoi pas une connerie aussi insignifiante que: « À quelle heure vais-je partir demain pour mon rendez-vous? ». Ce sont des petites choses de la vie et il est totalement normal de se questionner à propos de certaines de ces dernières.

Ce qui n’est pas normal là-dedans et ce qui fait que je souffre d’anxiété généralisée, c’est que je pense, toujours, sans cesse. D’être physiquement avec mes proches, mes amis, mon copain et dans le fond, n’être jamais vraiment là au niveau mental puisque je m’inquiète pour ces petites choses bénignes de la vie. Je suis ailleurs dans mes pensées. Imaginez : Un beau souper de famille, au lieu de me concentrer sur la conversation que nous avons tous ensemble, je suis dans ma tête et je pense à mes problèmes. De temps en temps j’envoie un petit sourire pour signifier que j’écoute alors que ce n’est pas du tout cela. Je suis plutôt dans ma tête à essayer de résoudre ou de me faire du mal pour des conneries. Parfois, en plein souper de famille, je vais aux toilettes, espérant m’isoler un peu pour être capable de penser à mes problèmes (qui je vous le rappelle, n’en sont vraiment pas).

Depuis des années et des années, j’agis comme cela. À force d’être toujours dans sa tête on vient déconnectée sans le vouloir avec la réalité. Si quelqu’un d’autre m’avait blessée comme je me suis blessée moi-même, je l’aurais pourchassé. J’ai de la difficulté à me concentrer et quand même que j’essaie d’être là de corps et d’esprit, je n’y arrive pas… C’est dans la tête que ça se passe. Probablement une question de sérotonine et de neurotransmetteurs qui ne connectent plus ensemble… À force de s’inquiéter continuellement, voilà où on en arrive. À cause de tout ce dérèglement qui s’effectue dans la tête, nous en venons à ne plus percevoir le moindre petit bonheur. En fait, on sait que certaines choses sont supposées être agréables dans la vie, mais on ne peut juste pas « ressentir » le bonheur… Ressentir le bonheur et la joie de vivre, voilà le véritable cadeau que nous fait la vie. D’année en année, avec l’anxiété généralisée, on en vient tranquillement à glisser vers la dépression. Évidemment… puisque tout est morne autour de nous et que la seule chose qui nous traverse l’esprit, ce sont nos problèmes, on ne peut faire autrement… Voilà pourquoi l’anxiété est le cancer de l’âme, et ce, même si la vie vous a tout donné pour que vous réussissiez… Je n’ai rien à envier à personne, et pourtant…

Même si personnellement je connais absolument tout de cette maladie  et que je possède tous les outils pour m’aider à traverser les crises, n’en reste pas moins qu’il y a des matins où je me lève et que je suis triste ou juste sans émotion. Je ne comprends juste pas pourquoi je suis triste. Pourtant dehors le soleil brille et

Daphnée Bernier

Je me présente Daphnée Bernier, j’ai 17 ans et je suis en secondaire 5. J’ai choisi de participer au blog La deMOIs’aile pour toutes celles qui souffrent de trouble anxieux. 

Vous n’êtes pas seules sachez-le.